Point Culture – Les femmes au Moyen-Âge

Si elle est seule, soit parce que l’époux est parti ferrailler au loin soit en cas de veuvage, la dame gère elle-même ses affaires , ne laissant à personne le soin d’administrer son domaine et de diriger ses gens.
La gent féminine ne se morfond pas au coin du feu à cette époque moins obscure qu’on le dit. Même les couvents réservent des surprises: les nonnes y prennent des libertés avec la règle, au grand dam de leurs évêques.
Au XI’ siècle, en Bigorre, les femmes sont appelées à discuter des contrats communaux lorsqu’elles sont propriétaires.
On connaît l’exemple de la vicomtesse Ermengarde qui reste seigneur du fief de Narbonne, hérité de son père, pendant cinquante ans, à partir de 1134. Détenant le pouvoir effectif malgré des maris successifs, elle commence stratégiquement par s’affranchir de la tutelle du comte de Toulouse pour placer ses biens sous la protection du roi de France. Elle sait se faire obéir et suivre par ses sujets dans ses décisions de chef d’Etat, décidant la guerre et signant les traités.
Pendant la guerre de Cent Ans, alors que leur mari guerroie fièrement, certaines d’entre elles se révèlent de remarquables femmes d’affaires. Eustache de Beauçay, épouse du sire d’Olivet, et Jeanne de Chalon, noble bourguignonne, en sont les plus beaux exemples.
A la tête d’un élevage, la première vers 1340, la seconde plus d’un siècle plus tard, elles réussissent toutes deux à négocier la vente et l’achat des bêtes, leur habileté commerciale permettant de faire prospérer leur entreprise et leur domaine. Toutefois, au fil du temps, les hommes se sentent menacés par le pouvoir grandissant des femmes; ils invoquent, lors de l’assemblée des états généraux de février 1317, la loi salique pour les écarter du pouvoir.
A l’instar d’Elisabeth de Thuringe, de nombreuses femmes font des dons ou lèguent à leur mort leurs biens et propriétés à l’Eglise, au détriment de leur lignée. Et cela, au grand dam des hommes de la famille qui s’appliquent de plus en plus au cours des siècles à faire intégrer dans la législation le renforcement des droits de tutelle et la limitation des droits de propriété et d’héritage accordés aux femmes.

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