Point Culture – Le Sexe au Moyen-Âge

L’amour au Moyen Âge n’est pas le Moyen Âge de l’amour… Contrairement à de nombreuses idées reçues (exit la ceinture de chasteté ou le droit de cuissage), l’époque médiévale recèle un véritable arsenal érotique.

Un art d’aimer, malgré les interdits et tabous religieux qui ont contraint le grand millénaire du Moyen Age.

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A cette époque, le royaume de la chair est à l’ombre de l’Église chrétienne. C’est elle qui impose un contrôle très serré de la sexualité, qu’il convient de décrypter au-delà des interdits.

Lorsqu’il échappe à la procréation, le sexe relève de la fornication. “Adultère est aussi l’amoureux trop ardent de sa femme” rappelle l’adage de saint Augustin. Il faut se borner aux relations nocturnes, bannir la nudité, ne pas abuser de la table, “l’excès de viande et de vin enflammant le désir charnel”. Faire l’amour, oui, mais pas trop. “Les coïts trop fréquents rendent la matrice glissante, comme celle des prostituées.” Pour contenir tout cela, une règle simple. Que la femme soit passive. A l’homme l’initiative.

Bannies donc, les “positions déviantes”, comme celle du “cheval érotique” (la femme chevauchant l’homme). A respecter aussi, les calendriers autorisés pour faire l’amour. A l’époque carolingienne, un pénitentiel indique 250 jours d’abstinence par an, pour ne pas éveiller la colère de Dieu. Le pire? La sodomie.

Notons qu’au XIe siècle, le terme de “sodomie” est une espèce de fourre-tout qui désigne tous les actes sexuels qui n’ont pas pour finalité la procréation. Dans le même sac donc, la sodomie telle que nous l’entendons (qu’elle soit homo ou hétérosexuelle), la masturbation, la fellation ou le coitus interruptus.

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Premières visées, les amours homosexuelles masculines. “Sodomites ou bougres” sont pourtant fort répandus au Moyen Âge, comme le montre les nombreux cas de condamnation, à Florence notamment, qualifiée de “mère de la sodomie” selon Bernardin de Sienne.

Étrangement, la prostitution est plutôt bien admise au Moyen Âge. “Jouir en payant, c’est jouir sans pécher” entend-on souvent. La fornication tarifée est donc un moindre mal. Que l’Eglise tolère d’autant plus avec l’essor des villes au XIIe siècle.

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